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LAUSCHER PISTE VERS 2010


septembre 5, 2009

5 septembre 2009
Par Regan Lauscher

Lugeuse (cest vraiment mon sport, non pas un effort de jeu de mots!) à la veille de ma troisième saison olympique, il est probable que jai répondu à toutes les questions possibles sur lexpérience dêtre athlète olympique.

La question de loin la plus populaire est «Tu vas avoir lor aux Olympiques?» et jy réponds tout de suite : je vais faire de mon tout pour gagner. Personnellement, ma question favorite est sortie de la bouche dune jeune personne en troisième année qui, après avoir examiné de près ma combinaison de compétition ultra collante, faite sur mesure, a demandé : «Tu étais bien plus petite à lépoque?»!! Les autres questions communes incluent : «Tu touches à quelle vitesse?», «Que manges-tu?» et «Ça fait mal quand tu técrases?»

Ironiquement, par le fait même de répondre à cette variété de questions candides et parfois éclairées posées par des étrangers, jai trouvé des réponses et un sens de clarté pour appliquer à mon parcours dathlète; et ce sont des réponses dont je nétais pas consciente de chercher.
Cest comme une espèce dintervention divine, une force puissante qui mamène inévitablement à mon propre Walden métaphorique.
Parfois, dans le tourbillon de voyages et de compétition, de victoires et de pertes, lessentiel se perd.
Parfois on a besoin dune petite voix denfant, dune main maigrichonne levée au fond de la salle de classe, pour poser la question «Tu tamuses?» pour se rappeler que oui, en effet, on samuse.
Peut-être est-ce la question sur ce que mes opérations dépaule mont appris qui affirme que le chemin vers les Jeux olympiques est autant axé sur ce que le sport a fait pour moi que sur ce que moi jai fait dans le sport.
Bref : la reconnaissance. Mon sport est un cadeau et moi, lheureuse destinataire.   

Au long de ces seize ans, deux Jeux olympiques, deux interventions chirurgicales, une poignée de médailles, des dizaines de pertes, des centaines dentrevues et des discours innombrables, il y a une chose dont je suis fière de posséder en abondance : la perspective.
Jai appris à essayer de célébrer la nature fluide de la vie, tant sur la piste que dans la vie de toutes les jours, plutôt que de me désespérer de limprévisible! Et quoique je sois toujours possédée par un fort désir dexceller, je regarde maintenant au-delà de la glace, des arêtes et des fractions de seconde.      

Quand je me souviens de mes modestes débuts dans le sport  une journée dhiver, sur une colline de toboggan dans ma ville natale de Red Deer, mon prof de musique de 7e année me la suggéré  je me serais jamais imaginée là où je suis, me préparant à représenter le Canada pour la troisième fois aux Jeux olympiques dhiver.
   
Depuis presque deux décennies javale les échecs et je goûte au succès; jai traversé ladversité et jai sauté sur les occasions. Jai voulu gagner. Jai voulu céder. Si lautobiographie de Lance Armstrong sintitule «Il ny a pas que le vélo dans la vie», la mienne serait «Il ny a pas que la luge dans la vie».

Forte de mon diplôme en journalisme, jenvisage ce blogue, ce journal en ligne de pensées et de sentiments, témoignage des préparatifs des Jeux olympiques 2010, comme façon pour vous inviter dans mon monde.
Je veux raconter mes peurs, mes joies, mes frustrations et les réalités auxquelles je fais face quand je concours internationalement. Je veux que vous me connaissiez  une fille qui sadonne aux motocyclettes et aux petites génoises blanches à glaçage rose, qui déteste toucher les accoudoirs et qui a très peur des chiens.

Cest une invitation personnelle à moi de prendre part à cette aventure incroyable, mais parfois tumultueuse que nous autres les athlètes avons la chance de vivre en personne.

Et au fond, dici février 2010, peu importe où je lemporte aux médailles et où jai du mal à compléter une épreuve, ce sont les expériences, les leçons et les liens damitié que jen tirerai qui resteront gravés dans mon cSur bien après le moment où le flambeau olympique séteindra.