Trois jeunes déesses de la vitesse augurent un avenir prometteur pour le sport de luge au Canada depuis la scène olympiq
PÉKIN, Chine — Un trio de jeunes Canadiennes a fait un grand pas en avant dans son développement, en dévalant à toute vitesse la piste de luge olympique, mardi à Pékin, en Chine.
Deux adolescentes de la côte Ouest – Trinity Ellis et Natalie Corless – ont mené la charge, décrochant respectivement les 14ème et 16ème rangs au classement. La Calgaroise Makena Hodgson a fini sur les talons de ses coéquipières, occupant la 17ème place au classement.
Sous l’énorme pression de l’expérience olympique, Ellis, 19 ans, a débuté un peu nerveusement lundi soir. Mais elle a récupéré rapidement, en échangeant son rap usuel pour des airs de jazz à écouter en attendant son tour de descendre la piste. Elle a grimpé quatre places au classement pour pointer en 13ème place à la mi-chemin de la compétition à quatre manches qui se dispute sur deux jours consécutifs.
« C’était bon de tourner la page sur ces deux premières descentes. Je tenais surtout à glisser régulièrement, sans oublier de tirer plaisir de l’expérience, ce que j’ai fait à mes deux dernières descentes, » a enchaîné Ellis, une résidente de Pemberton, C.-B.
Ayant déjà cumulé trois ans d’expérience au circuit de Coupe du monde, malgré son jeune âge, Ellis a maintenu sa place en troisième manche et a été quasiment parfaite à sa quatrième descente avant de perdre le contrôle au dernier virage. Elle a su se remettre sur les rails, cependant cette erreur l’a descendue au 14ème rang au classement final, avec un temps total de 3:56,864.
« Évidemment, ce n’était pas idéal comme dernière descente. C’était un peu décevant, mais globalement je suis satisfaite de ma prestation, » a indiqué Ellis.
Natalie Corless, la plus jeune athlète à concourir en luge individuelle féminine à ces Jeux olympiques, arborait un large sourire en franchissant la ligne d’arrivée en 16ème place avec un temps total de 3:57,255. La native de Whistler s’était installée en 15ème place mais une petite erreur à sa dernière descente lui a coûté une place.
« J’ai accompli quatre descentes solides. Mon objectif pour cette compétition était de savourer l’expérience. Cela a été une drôle de saison, et je l’ai bouclée en inscrivant mes quatre meilleures performances de l’année. Cela me comble de joie, » a déclaré Corlesss, qui avait été motivée d’essayer le sport après avoir regardé se dérouler chez elle les Jeux olympiques de 2010.
Corless n’est pas étrangère à la compétition du plus haut niveau. En compagnie de Caitlin Nash, elle a gagné une médaille d’argent en luge double féminine, aux Jeux olympiques de la jeunesse en 2020.
« C’est un rêve qui a pris longtemps pour se concrétiser. Quand j’ai fait mes débuts en luge (à l’âge de 11 ans) je ne me serais jamais envisagée comme future Olympienne. Les deux derniers ans, les deux derniers mois, les deux dernières semaines, c’est comme une boule de neige. Je suis vraiment fière de ce que j’ai accompli. Tous les efforts que j’ai investis, jour après jour, année après année, m’ont menée ici. »
Pour Makena Hodgson, le dernier membre du trio de lugeuses canadiennes, cette semaine a été la réalisation d’un rêve qu’elle caresse depuis sa toute première descente d’une piste de glace – un ticket de descente pour le grand public que le Père Noël avait glissé dans son bas de Noël il y a 12 ans. Hodgson a bouclé une semaine de rêve par son meilleur effort de l’évènement, s’accrochant au 17ème rang au classement avec un temps total de 4:57,536.
« En franchissant la ligne d’arrivée, j’étais comme ébahie, en me disant ‘Je viens de compléter quatre descentes aux Jeux olympiques,’ a remarqué Hodgson, 21 ans. « En plus, c’était formidable de réserver ma meilleure performance pour la dernière descente, et terminer sur une note tellement positive. La toute première fois que j’ai dévalé une piste de luge je me suis dit qu’un jour j’allais glisser aux Jeux. Aujourd’hui est le fruit d’un travail acharné. Les mots me font défaut et mon visage me fait mal parce que je souris tant. »
L’un des jalons majeurs du développement à long terme de ce groupe d’athlètes a été le simple fait de se qualifier aux Jeux et cumuler une expérience valable sur la plus grande scène sportive au monde. À ces Jeux, ce sont les Allemands qui continuent leur dominance en luge. Natalie Geisenberger a remporté les honneurs en luge individuelle féminine avec un temps en or de 3:53,454. Sa coéquipière Anna Berreiter a mis la main sur la médaille d’argent en 3:53,947. Tatyana Ivanova, représentant le comité olympique russe, s’est accroché à la médaille de bronze en 3:54,507.
Ces jeunes Canadiennes n’ont pas besoin de regarder plus loin que leur mentor, la présidente en exercice de Luge Canada, Alex Gough, pour savoir qu’elles ont elles aussi le potentiel de détrôner les Allemandes dominantes. Fer de lance du sport de luge au Canada, Gough a progressé graduellement vers le sommet de son sport, ayant concouru à ses premiers Jeux olympiques en 2006, avant même d’atteindre la vingtaine. Quand elle a tiré sa révérence après les Jeux de 2018 – ses quatrièmes – elle avait écrasé tous les records canadiens, avec comme cerise sur le gâteau les deux premières médailles olympiques pour le Canada dans le sport de luge.
Gough est devenue le premier athlète canadien à remporter une épreuve de Coupe du monde de luge, en 2011 à Paramonovo, en Russie. Sa victoire est d’autant plus remarquable qu’elle a mis fin à une séquence de 105 victoires consécutives en Coupe du monde pour les Allemandes. Gough a ajouté à son histoire deux autres chapitres en or, en devenant le premier athlète canadien à gagner une épreuve de luge à la maison, à Calgary en 2012, exploit qu’elle a répété à Whistler en 2016. Elle est également le premier athlète canadien à récolter deux médailles de bronze au Championnat du monde de luge.
En cours de route, Gough et ses coéquipiers sont devenus une référence pour une nouvelle génération d’athlètes de luge canadiens, incluant les jeunes Canadiennes qui ont fait leur début olympique sur la piste de Pékin.
« Je crois que toute cette expérience a été inestimable, » a observé Ellis. « C’était vraiment grisant de regarder Alex, et toute l’équipe, réussir aux derniers Jeux. Je me garde de mettre la charrue avant les bœufs, mais certainement, nous nous pensons capables de réaliser (un jour) des sommets similaires. C’est évidemment un objectif que j’ai en tête. Et cette semaine me donne une bonne dose de confiance à cet effet – non seulement en regardant vers les prochains Jeux olympiques, mais également les prochaines saisons de Coupe du monde. »
La suite de l’histoire se concrétisera sur le chemin vers 2026. À en juger par les quatre manches de compétition au Centre national de glisse de Yanqing, l’avenir du sport de luge au Canada s’annonce prometteur.
Prochainement sur la piste Olympique de Pékin, l’épreuve de luge double, qui se contestera mercredi soir.
Compétition olympique de luge individuelle féminine, résultats complets:
