Luge Canada

Meaghan Simister

Bon, c'est mon premier blogue cette année et j'ai le bonheur de dire que mon entraînement cette saison olympique va bon train. J'ai passé un été productif au gymnase et je me sens à ma plus forte et à ma mieux préparée pour concourir. Non seulement ai-je réalisé des buts personnels cet été (j'ai enfin réussi au développé-couché/épaulé!) mais également je me sens préparée sur le plan mental, bien centrée et positive vis-à-vis de la saison de Coupe du Monde qui s'en vient. Cet été a d'ailleurs été très spécial, car Mercuria et Pembina Pipeline ont offert leur soutien généreux comme commanditaires personnels. Je vois ça comme un pas en avant très important pour ma carrière sportive personnelle aussi bien que pour appuyer le sport de luge au Canada. Je me suis promis de rendre fiers tout le monde qui appuie ce sport passionnant!

Bon, parlons un peu de mes activités personnelles au moment présent. Je suis de retour à Calgary après un trajet de dix heures en camionnette et une semaine intensive d'entraînement sur cette fantastique piste olympique à Whistler. La saison de glisse est vieille de quatre semaines et je crois que je trouve mon rythme &parties ces séances intensives de poids et haltères de l'été, lors desquelles j'essayais de devenir «forte comme taureau» comme le disait mon entraîneur Wolfgang Staudinger. Mon objectif principal durant la glisse est de faire relaxer les muscles, de me transformer en masse souple et informe à chaque fois que je prends un virage. Cette compétence est vraiment importante pour réaliser une accélération à chaque coin. Je suis consciente que mes aptitudes sont fort axées sur les départs (j'ai déjà brisé d'office - et à trois reprises! - le record de départ international établi en Coupe du Monde à Whistler au mois de février passé), et je fais de mon mieux pour transformer mes muscles tendus et développés en nouilles flexibles, pour absorber chaque virage de manière aussi efficace et souple que possible. La piste ici à Calgary est le meilleur endroit pour travailler cette compétence, et j'ai hâte de m'essayer sur le nouveau équipement et à glisser puis glisser encore!

Chose curieuse, plus tôt cette année, quand l'équipe nationale de biathlon a présenté un camp d'entraînement coopératif avec notre équipe au Centre nordique de Canmore, j'ai remarqué plusieurs parallèles fascinants entre les deux sports apparemment très différents. Les biathloniens ont une maîtrise complète de la relaxation; ils s'efforcent de faire baisser leur fréquence cardiaque pour pouvoir descendre 5 cibles après avoir skié plusieurs kilomètres à toute vitesse. Moi aussi, il faut que je cultive cette compétence de relaxation. Et pourtant, il faut que je sois pleine de force et d'énergie au départ. C'est un sprint total, extrême, condensé en quelques milliers de seconde. Mais bien sûr, une fois couchée sur la luge, les poignées en main, le premier virage bien en vue, il faut me ralentir, me relaxer les jambes et les épaules et me dire de&respirer tout simplement.

Lors de la dernière épreuve de sélection d'équipe, tenue la semaine passée à Whistler, je pensais avoir fait des progrès importants en ce qui concerne la relaxation, en dépit du drame (mineur) que je me suis procuré au départ! Vous voyez, après la deuxième descente de notre épreuve à trois descentes, j'ai mis mon sac d'affaires sur le camion pour le faire descendre en bas de piste, de manière à pouvoir me changer de vêtements une fois complétée la descente. Malheureusement, j'avais mis mon gant à pointes de droite dans le sac, et me voilà dans l'aire de départ, en haut de piste, avec deux gants de gauche. C'est comme demander à un sprinteur de chausser deux chaussures de gauche pour faire une épreuve! Mes coéquipiers sont venus à mon aide et on m'a donné un gant de remplacement. C'était trop grand, mais je me suis débrouillée en dépit de ma stupidité et j'ai pu faire une descente solide et exacte. On ne sait jamais quand les interruptions viendront troubler la routine, et il faut être prête à n'importe quoi, surtout dans une épreuve importante telle que les Jeux olympiques. C'est une vérité que, dans le sport compétitif, des moments difficiles se présenteront, de manière tout à fait imprévisible. Cependant, cette semaine, je me suis rendu compte que je suis capable de laisser faire sur le plan mental et physique, quel que soit le contretemps mineur. J'étais relaxe et confortable sur ma luge, avant même d'arriver au premier virage. En dépit du gant inconvenable et d'un départ des moins conventionnels, je me suis permis de me relaxer et de trouver ma zone sur la luge. Je sais que les progrès que j'ai faits durant la semaine d'entraînement et aux épreuves de sélection étaient dus au niveau de confort que j'ai sur la piste de Whistler. Malgré sa réputation comme la piste la plus rapide au monde, je me trouve tellement confortable et ce, à chaque virage. Comme mon entraînement se développe, le niveau de confort que je trouve sur la luge est vraiment capital si je veux aussi développer mes niveaux de relaxation cette saison. Pas toutes les compétitrices internationales ne peuvent se déclarer confortables sur la piste super technique de Whistler, et je suis sûre que mes camarades internationales jalousent l'entraînement dont je dispose!

À la prochaine,
-Meaghan Simister